Marc Seguin footbridge over the Rhône towards Tournon in Ardèche

La passerelle Marc-Seguin, reliant Tournon-sur-Rhône en Ardèche à Tain-l’Hermitage dans la Drôme, incarne une avancée majeure de l’ingénierie du 19e siècle.

Conçue par l’ingénieur éponyme, ce pont suspendu demeure un témoin emblématique de l’histoire industrielle française et un lien vital entre les deux rives du Rhône.

Passerelle Marc Seguin sur le Rhône entre Tournon en Ardèche et Tain dans la Drôme

La passerelle Marc Seguin, entre Tain et Tournon

Édifiée à partir de 1847 et ouvert au public 1849, la passerelle Marc-Seguin est un pont suspendu qui traverse le Rhône, reliant les communes de Tournon-sur-Rhône et Tain-l’Hermitage dans l’agglomération Arche Agglo. C’est le est le plus ancien pont suspendu de France encore en service, aujourd’hui réservé aux piétons. Cet ouvrage emblématique illustre deux siècles d’adaptation des franchissements du Rhône aux besoins des riverains, du trafic routier et de la navigation.​

Conçue par l’ingénieur Marc Seguin, cette structure est une version améliorée de son premier pont suspendu construit en 1825, à côté de celle encore existante, et détruite pour la nouvelle construction. Une ordonnance royale de 1847, durant la Monarchie de Juillet, autorise la construction de ce nouvel ouvrage. L’l’ouvrage est ouvert à la circulation en 1849, offrant alors un franchissement routier moderne entre les deux rives, bien avant l’édification des grands ponts du 20e siècle.

Autrefois pont routier accessible aux véhicules, cette dernière est aujourd’hui une passerelle réservée aux piétons et cyclistes, offrant un passage pittoresque entre les deux villes et faisant de cet ouvrage d’art la plus ancienne passerelle himalayenne de France.

Carte postale des 2 ponts Marc Seguin entre Tain et Tournon
Carte postale avec les 2 ponts / Maison du fleuve Rhône *

Un pont d’histoire

En 2026, le pont fête ses 177 ans de service au public des deux rives; retour sur quelques dates clés.

Le premier pont suspendu (1825)

En 1825, Marc Seguin, ingénieur originaire d’Annonay, réalise le premier plus grand pont suspendu d’Europe continentale utilisant des câbles tressés en fil de fer. Ce pont relie les deux rives du fleuve Rhône et représente une innovation majeure par rapport aux chaînes en fer forgé utilisées jusqu’alors .

Cependant, ce premier ouvrage s’avère rapidement inadapté à la navigation fluviale en raison de sa hauteur insuffisante pour le passage des bateaux à vapeur, obligeant ces derniers à baisser leurs cheminées lors du franchissement. Il sera détruit en 1847, pour la construction d’un nouveau pont.

Gravure du premier pont suspendu de Marc Seguin sur le fleuve Rhône entre Tain et Tournon en Ardèche
Gravure du premier pont suspendu de 1825

La passerelle actuelle (1849)

Pour remédier à ces limitations, Marc Seguin conçoit une nouvelle passerelle, construite entre 1847 et 1849, située un peu en aval de la précédente. Ce pont suspendu, plus élevé et plus large, permet une meilleure circulation fluviale et routière.

Dans l’entre-deux-guerres, la montée du trafic routier rend cependant le pont de 1849 insuffisant et un nouveau projet d’ouvrage suspendu est étudié à partir de 1938 et stoppé par la deuxième guerre mondiale. En août 1944, lors de la Libération, la travée située en rive droite est détruite par la rupture de huit câbles porteurs, conséquence d’une action de résistance visant à neutraliser le franchissement. L’entreprise Baudin intervient dès janvier 1945 pour remettre la passerelle en état, soulignant l’importance stratégique et locale de ce passage.

Le pont est converti en passerelle piétonne après la mise en service du nouveau pont Gustave-Toursier en 1958.

Vue depuis la Drôme sur la passerelle marc Seguin, le château, les tours et les côteaux de Tournon en Ardèche
La passerelle Marc Seguin depuis la Drôme vers Tournon / Voyage en Douce, 2024

Géographie du pont

La passerelle Marc-Seguin mesure 184 mètres de long et se compose de deux travées en bois et fer d’environ 90 mètres chacune, soutenues par une pile centrale en pierre en forme d’arche monumentale. La largeur utile est de 6 mètres entre les garde-corps, comprenant deux trottoirs de 0,75 mètres, ce qui rappelle sa vocation initiale de pont routier.​

La suspension repose sur huit câbles en éventail (quatre à l’amont, quatre à l’aval), composés chacun de 392 fils de fer, reliés à des amarres ancrées dans les culées en pierre de taille. Le tablier et les garde-corps sont réalisés en bois, tandis qu’un système de galeries intérieures permet l’accès aux ancrages pour les inspections et l’entretien.​

La passerelle Marc-Seguin enjambe le Rhône, juste après la confluence avec la rivière du Doux, reliant deux villes, deux départements et deux territoires géologiquement différents. Elle est située dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et offre une vue panoramique sur les collines de l’Hermitage, le château de Tournon et les vignobles environnants.

  • Localiser la passerelle Marc Seguin sur le Rhône

Dates clés de la passerelle

  • 1825
    Construction du premier pont suspendu par Marc Seguin, utilisant des câbles en fil de fer, une première en Europe continentale.
  • 1847-1849
    Édification de la passerelle actuelle, plus adaptée aux besoins de l’époque.
  • 1958
    Ouverture du pont Gustave-Toursier, entraînant la conversion de la passerelle en voie piétonne.
  • 1965
    Destruction du premier pont de 1825. Une anecdote locale raconte que les habitants de Tournon ont bandé les yeux de la statue de Marc Seguin lors de cette démolition, en signe de respect pour l’ingénieur.
  • 1985
    La passerelle est inscrite au titre des monuments historiques * , reconnaissant son importance patrimoniale.
  • 1989
    Des travaux de restauration conséquent sont entrepris à partir de cette date, dans le respect des techniques et matériaux d’origine, confortant son statut de symbole du génie civil du XIXe siècle et de repère paysager fort entre Ardèche et Drôme.
  • 2025
    Célébration du bicentenaire du premier pont suspendu de Marc Seguin, avec des expositions et des événements commémoratifs organisés dans les deux communes.

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