Exposition château d'Aubenas en Ardèche, dans la cour, Sabien Moritz, Les Cieux

RÊVES D’UNE NUIT D’ÉTÉ

EXPOSITION AU CHÂTEAU

01.05 – 21.09.2025

AUBENAS, ARDÈCHE

AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

FRANCE

Aubenas, Ardèche

Sabine Moritz

Corentin Grossmann

Ella Walker

Gilbert Garcin

À partir de mai 2025, le Château d’Aubenas ouvre une nouvelle saison artistique placée sous le signe de la pluralité des regards et de la richesse expressive. Centre d’art contemporain et lieu patrimonial emblématique de l’Ardèche, le château albenassien accueille cette année les univers contrastés de
Sabine Moritz, Corentin Grossmann, Ella Walker et Gilbert Garcin.

Quatre artistes aux trajectoires singulières, réunis dans une exposition qui explore la mémoire, le rêve, les identités féminines et les fables de l’existence, à travers une diversité de moyens d’expression et d’approches.

Une invitation à arpenter les chemins sensibles de la création contemporaine dans un cadre architectural exceptionnel, imprégné d’histoire.

VOJTECH KOVARIK

LES CIEUX

Sabine Moritz, artiste allemande née à l’époque de la RDA * , est pour la première fois présentée en monographie sur le sol français.

Son exposition intitulée Les cieux réunit un corpus dense de peintures abstraites réalisées ces dernières années, enrichi de quelques œuvres antérieures. Longtemps connue pour ses dessins aux accents autobiographiques inspirés de son enfance à Lobeda * , elle s’oriente depuis 2015 vers une abstraction expressive, où les gestes picturaux remplacent les récits.

Ses toiles, imprégnées d’une douce mélancolie, convoquent des strates de souvenirs sans les figer, faisant émerger des sensations diffuses plutôt que des images précises. La matière picturale, dense et vibrante, devient support d’une méditation sur le passage du temps, l’effacement, la résurgence.

En regardant ces compositions, le visiteur est invité à une expérience intérieure : celle d’un monde émotionnel où la mémoire individuelle rejoint la mémoire collective dans un mouvement d’écho constant.

Corentin Grossmann

LIGNES DE DÉSIR

L’univers de Corentin Grossmann se déploie comme une exploration ludique et foisonnante, entre utopie visuelle et chaos maîtrisé.

Né à Metz en 1980, installé aujourd’hui à Bruxelles, l’artiste construit un monde peuplé de figures hybrides, de décors imaginaires, de fragments d’humanité et d’objets absurdes. L’exposition « Lignes de désir » présente un ensemble de dessins minutieux et de sculptures céramiques qui évoquent tour à tour la miniature médiévale, la bande dessinée, la science-fiction et les bestiaires fantastiques.

Chez Grossmann, l’œil circule sans fin. Rien n’est figé, tout se transforme. Il joue avec les échelles, inverse les rapports de grandeur, superpose les références dans une logique de saturation joyeuse.

Chaque image est un territoire où cohabitent l’inquiétude et le plaisir visuel, l’ironie et la contemplation. Ce foisonnement invite le spectateur à abandonner ses repères pour se laisser guider par l’étrangeté familière d’un monde qui, malgré son apparente excentricité, parle d’aujourd’hui avec acuité.

Ella Walker

IDÔLATRIE

C’est une découverte rare que propose le Château d’Aubenas avec la première exposition française d’Ella Walker, jeune peintre britannique née en 1993.

Intitulée Idolâtrie, cette série d’œuvres convoque l’histoire de l’art et ses codes pour mieux les détourner. Entre le théâtre élisabéthain, les drapés de la Renaissance et les atmosphères oniriques du cinéma italien, Walker insuffle à ses compositions un souffle résolument contemporain.

Dans ses peintures, les figures féminines s’imposent par leur ambivalence : tantôt vulnérables, tantôt souveraines, elles défient le regard. La touche est vive, parfois volontairement imparfaite, et laisse entrevoir une esthétique de l’inachevé qui traduit une volonté d’ouvrir les récits plutôt que de les refermer. Ella Walker ne cherche pas à produire des images idéales mais à suggérer des émotions complexes, à travers des gestes picturaux libres et assumés.

En découle une œuvre profondément sensible, qui interroge la construction des identités et les représentations du corps féminin à travers le prisme de la mémoire et du jeu.

Gilbert Garcin

La vie devant soi

Décédé en 2020, Gilbert Garcin laisse derrière lui une œuvre photographique singulière et précieuse, débutée tardivement après une carrière professionnelle dans le domaine de l’éclairage.

Son exposition, intitulée La vie devant soi, rend hommage à cet artiste autodidacte dont les images, souvent en noir et blanc, prennent la forme de petites scènes théâtrales. Sur ces plateaux miniatures qu’il confectionne lui-même, Garcin met en scène un personnage récurrent : lui-même, grimé en Monsieur Tout-le-Monde, silhouette en costume dans des situations absurdes, touchantes ou méditatives.

Ces photographies, faussement simples, touchent par leur justesse et leur profondeur. Elles abordent, avec un humour discret, les grandes questions de l’existence : le temps qui passe, l’isolement, les épreuves, la quête de sens. Elles frappent aussi par leur universalité : chacun peut se reconnaître dans ce personnage qui affronte des montagnes de papiers, s’interroge devant l’infini ou tente d’équilibrer sa vie sur une corde raide.

Le regard de Garcin, à la fois distancié et empathique, ouvre une réflexion douce sur la condition humaine, à la croisée de la poésie et du burlesque.

Le toit du château d'Aubenas vue du château
Le château vue du château

AUBENAS, CHÂTEAU & INFOS PRATIQUES

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Ardèche+

  • République Démocratique d’Allemagne, RDA, Wikipédia 
  • Lobeda en Allemagne, Wikipédia EN