Champagne en Ardèche

La Pile du Bac à Traille à Champagne

Située au bord du Rhône à l’extrémité de la Rue du port, un édifice particulier attire l’attention : il s’agit de la Pile du Bac à Traille jadis utilisé pour le transport des passagers d’une rive à l’autre du fleuve.

Qu’est ce qu’un bac à traille ?


C’est une embarcation à fond plat accrochée à un câble tendu entre les deux rives du fleuve.

Celle de Champagne reliait la commune située côté Ardèche, à la limite actuelle entre Andancette et Saint-Rambert d’Albon, côté Drôme.
En 1916, il pouvait faire traverser 60 personnes.

Une histoire liée au Port et au prieuré

Lieu de traversée du Rhône, le port de Champagne est apparu au Xe siècle.

La rue du Port actuelle témoigne de ce passé qui explique entre autres l’existence de cet édifice nommée la Pile du Bac a Traille.

Jadis, le port servit au village de Champagne de passage est-ouest entre Grenoble et le Puy, par la dépression Bièvre-Valloire, le plateau d’Annonay et le col du Tracol.

Jusqu’au XIIIe siècle il y eut certainement un trafic important au moment de la construction de l’église romane de Champagne (XIIème siècle) et à l’époque des grands pèlerinages qui jettent les chrétiens sur les routes vers Rome, Notre-Dame-Du-Puy, St-Jacques-de-Compostelle, Jérusalem et bien d’autres sanctuaires.
La balise du chemin de Compostelle en témoigne encore aujourd’hui sur le chemin de terre en direction d’Andance.

Les activités du Port

Le développement du transport de marchandises sur le Rhône débute au XVe siècle et enrichit les cités voisines d’Andance et de Serrières mieux placées pour servir d’étapes à la navigation sur le fleuve.

Le trafic du bac augmente au début du XIXe siècle, cependant, la construction en 1828 du pont suspendu d’Andance détourne du port la plupart de ses clients et la suppression du péage au passage du pont en 1867 donne le coup de grâce au port de Champagne.

Pilier du Bac à Traille à Champagne en Ardèche

La fin du bac à traille

Comme on peut le lire sur la pancarte proche du monument, c’est un accident qui met fin à cette embarcation en août 1896 : le remorqueur le Pilat oublie de baisser sa cheminée au passage du bac et suite au choc de cette dernière contre la traille le pilier se brise en plusieurs morceaux.

La municipalité demande en vain la réparation; le bac continue malgré tout à fonctionner jusqu’au 31 décembre 1897.

ll faudra attendre l’installation d’une passerelle sur le pont de chemin de fer de Peyraud en 1935 pour que piétons et cyclistes champenois puissent se rendre à nouveau rapidement à Saint-Rambert-d’Albon.

La pile situé à Champagne est donc l’unique pile restante de cette embarcation, datée de la charnière des XIVe et XVe siècles. Elle a été inscrite au Monument Historique le 23 mai 2006.

Un site historique dans un cadre charmant

Aujourd’hui, il est aisé de l’admirer tout en découvrant l’espace aménagé autour du site :
une aire de pique-nique et de jeux avec une tyrolienne, dans un cadre boisé fort apprécié des habitants comme des passants.

  • Localisation, pilier du bac à Champagne :

Le port de Champagne n’est pas mentionné dans les textes avant 1347, mais une transaction de 1255 entre le Dauphin Comte d’Albon et le Prieur de Champagne sous entend son existence.
Par son bac, le port ne jouait en effet que le rôle actuel d’un pont, et le nom donné au passeur, le « pontonnier » l’indiquait fort bien. Le port est particulièrement bien placé, à l’endroit où la zone inondable est la plus étroite entre Andance et Serrières (300 m de large environ), en un lieu resserré où le fleuve pris entre deux berges relativement élevées, ne pouvait divaguer comme il le faisait un peu partout alors.

Le bac de Champagne resta propriété du comte archevêque de Vienne jusqu’en 1790, et la paroisse de Champagne s’étendant sur les deux rives du Rhône, ses habitants pouvaient alors utiliser le bac gratuitement.

Le passage du rhône était desservi, en 1816 par un grand bac ayant une longueur de 14m, et une largeur de 3,60m, garni d’un gouvernail et d’une rame de réserve et pouvant contenir 60 individus.

La traille fût élevée à 8m et demi au-dessus du fleuve, et deux mariniers assuraient le service pendant le temps des hautes eaux

Le passage du rhône était desservi, en 1816 par un grand bac ayant une longueur de 14m, et une largeur de 3,60m, garni d’un gouvernail et d’une rame de réserve et pouvant contenir 60 individus.

Source : Medarus

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